LINGOLSHEIM
- Préhistoire
Le site préhistorique de Lingolsheim est d’une grande richesse. Les archéologues ont découvert de nombreuses nécropoles nous renseignant non seulement sur les rites funéraires, mais également sur les populations et leurs traditions. Toutes les périodes sont représentées : paléolithique, néolithique ou encore âge du bronze.
L’abondance des vestiges retrouvés entre 1910 et 1936 par l’archéologue Robert Forrer, ancien directeur du musée archéologique de Strasbourg, s’explique par l’exploitation des sous-sols par les nombreuses sablières de Lingolsheim et des environs.
- Des Romains au XXe siècle
Si les vestiges de l’époque romaine sont rares, ceux du Haut Moyen-Âge sont plus nombreux. Un cimetière mérovingien a livré huit tombes datant des VIe et VIIe siècles après J-C.
Le nom de la ville est mentionné pour la première fois sous le nom de Lingolsvesheim au XIIe siècle, transformé en Lingolsvisheim ou encore Lingolslzheim. C’est en 1620 qu’apparaît le nom Lingolsheim.
Au Moyen-Âge, le village fut victime de la guerre des paysans de 1525 et de deux incendies qui détruisirent tout sur leur passage, le premier en 1621 lors de la guerre de Trente Ans, le second lors de la bataille d’Entzheim en 1674.
Le village connut également son heure de gloire à partir du XVe siècle grâce au pèlerinage des Trois Croix fréquenté jusqu’à la Réforme.
- Le XXe siècle
Suite à la défaite de 1871, les Allemands annexent l’Alsace. La ville se modernise rapidement. Essor démographique, mutations économiques, urbanisation caractérisent cette période. L’arrivée du gaz en 1904 est suivie par celles de l’électricité en 1907 puis de l’eau courante en 1908. Le village est desservi par le tramway dès 1903.
Cette modernisation a, en partie, été rendue possible par l’installation, à la fin du XIXe siècle, des tanneurs Adler-Oppenheimer et le développement fulgurant de l’entreprise. La ville devient « métropole du cuir » (voir liens externes). 2000 ouvriers sont employés par l’entreprise en 1914.
Après la première guerre mondiale, l’Alsace est à nouveau française, les entreprises allemandes doivent quitter la région. C’est le cas des Adler-Oppenheimer. Les bâtiments sont repris par les Tanneries de France. Lingolsheim est marqué, comme toute l’Europe par des difficultés économiques importantes.
C’est également de cette époque que date le développement des sablières. Les sols de Lingolsheim, riche en sable rouge et blanc, sont exploités intensivement dès la fin du XIXème siècle. Les sablières, nombreuses, doivent répondre à la demande croissante de matière première, nécessaire à la construction de la ceinture fortifiée de Strasbourg en vue de la défense de la ville, mais nécessaire aussi à la construction de logements destinés à la population ouvrière attirée dans la commune par la présence des tanneries.
- La guerre
Si Lingolsheim fut peu touché pendant la guerre 14-18, il n’en fut pas de même lors du second conflit mondial. Les Tanneries, devant le danger imminent, sont évacuées à Rennes où elles resteront jusqu’à la fin des hostilités. Dans la nuit du 11 juin 1940, la ville est la proie de 200 obus allemands. 20 maisons sont détruites, 80 endommagées. Le 22 juin 1940, la France signe l’armistice, l’Alsace est de nouveau annexée. Lingolsheim, incorporé au Großstraßburg à l’automne 1940, perd son autonomie communale et, comme toutes les communes alsaciennes, subit le poids de l’annexion. Les bâtiments des Tanneries sont transformés en un important atelier de réparation de chars.
Après le bombardement du 6 décembre 1943, l’annonce du débarquement, le 6 juin 1944 raviva l’espoir de la population. Cependant, Lingolsheim fut à nouveau gravement éprouvé par le bombardement américain du 25 septembre 1944, visant les Tanneries de France. Près de 25 maisons furent détruites, une centaine endommagée, 70 personnes trouvèrent la mort. Libérée le 23 novembre par les troupes du Général Leclerc, la ville dut encore subir la violente offensive allemande, définitivement contrée par les forces alliées le 16 mars 1945 après trois mois de combats. Le 8 mai 1945, les cloches des deux églises de Lingolsheim annonçaient la fin de cette guerre. Incorporés dans l’armée française puis dans l’armée allemande, internés, déportés, transplantés, tués lors de bombardements civils, les Lingolsheimois ont payé un lourd tribut.



